À partir de 2027, la période de référence utilisée pour calculer les pertes de rendement dans le cadre de l’assurance récolte devrait passer de cinq à huit ans. Un premier pas, mais qui ne répond pas au problème de fond que nous Vignerons Indépendants dénonçons depuis plusieurs années : à force d’intégrer des récoltes déjà amputées par les aléas, la référence ne correspond plus au véritable potentiel de production de nos domaines.
Avec la multiplication des épisodes de gel, de grêle, de sécheresse ou encore de fortes chaleurs, les mauvaises années se succèdent. Allonger la période de référence ne suffit donc plus : sur huit ans comme sur cinq, plusieurs récoltes fortement touchées par des aléas peuvent entrer dans le calcul et tirer progressivement la référence vers le bas.
Comme l’a rappelé Jean-Marie Fabre, président des Vignerons Indépendants de France, dans la presse : « Que l’on passe de 5 à 8 ou 15 ans, cela ne règle pas la difficulté, la récurrence des aléas auxquels nous sommes soumis est trop importante. »
Or, plus la référence baisse, plus l’écart entre les pertes réellement subies par le domaine et celles reconnues pour son indemnisation peut devenir important. À terme, c’est l’intérêt même de s’assurer qui est remis en cause.
C’est pourquoi nous défendons un changement de logique : les années où la production a été affectée par un aléa devraient être écartées du calcul, afin que l’assurance repose sur le potentiel réel de production du domaine hors aléas. Plus largement, nous défendons la possibilité d’assurer le potentiel agronomique de l’exploitation, plutôt qu’une référence progressivement dégradée par la succession des sinistres.
Mais nous considérons que l’assurance ne peut pas être notre seule réponse au changement climatique. Nous demandons prioritairement un soutien beaucoup plus ambitieux aux investissements permettant de protéger physiquement nos vignobles contre le gel, la grêle, la sécheresse et les autres aléas.
Pour nous Vignerons Indépendants, mieux protéger les vignes en amont, c’est réduire les pertes, assurer ses marchés et redonner à l’assurance son rôle de filet de sécurité lorsqu’un véritable coup dur survient.

