Face à une crise viticole qui s’aggrave de jour en jour, Jean-Marie Fabre, président des Vignerons Indépendants de France, tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme dans le journal Vitisphère.
Malgré l’annonce d’un plan de sortie de crise lors du dernier Sitevi, les mesures concrètes tardent à se déployer, laissant de nombreux vignerons dans une situation d’extrême fragilité économique et humaine.
Interrogé par Vitisphère, Jean-Marie Fabre rappelle la détresse que traverse la filière. Pour le président des Vignerons Indépendants, le message est clair : retarder les aides, c’est aggraver les difficultés sur le terrain. Les exploitations sont à bout de souffle, et l’attentisme administratif nourrit l’angoisse, l’incertitude et parfois le désespoir.
Pour les Vignerons Indépendants, il est désormais indispensable que les annonces se traduisent immédiatement en actions, alors que plusieurs outils ont été validés mais sont toujours bloqués :
• L’arrachage définitif, pourtant acté, reste bloqué faute de budget national ;
• La distillation de crise, demandée à hauteur de 80 millions d’euros par la filière, attend toujours une réponse de la Commission européenne ;
• La consolidation bancaire, pourtant validée unanimement avec les réseaux bancaires, n’a toujours pas reçu l’arbitrage nécessaire entre Bercy et Matignon.
Pour Jean-Marie Fabre, le constat est sans appel : les outils existent, ils sont calibrés, mais ils ne sont pas déployés. Or, attendre encore des semaines ou des mois, c’est risquer des fermetures définitives d’exploitations.
Le président des Vignerons Indépendants appelle le gouvernement à débloquer des fonds d’urgence sans attendre le budget 2026. Les semaines à venir seront décisives : sans mise en œuvre rapide de l’arrachage, de la distillation et des dispositifs bancaires, la colère agricole pourrait de nouveau s’exprimer fortement.
« Les vignerons ont besoin de soutien maintenant, pas dans deux mois », insiste-t-il. Chaque jour perdu fragilise un peu plus les entreprises viticoles.
Comme à son habitude, il insiste également sur la nécessité de préparer l’avenir, avec une aide à la conquête de nouveaux marchés à l’export, mais aussi une meilleure protection contre les aléas climatiques.
Il appelle à un véritable plan Marshall de lutte contre les aléas climatiques, permettant aux vignerons de sécuriser leur production et de retrouver une visibilité indispensable à la pérennité de leurs exploitations.



